On avait beau s’y attendre, c’est un choc ! Les populistes font un score historique en Europe comme en France. Parmi eux, l’extrême droite frôle même les 40% dans notre pays. Les Humanistes et les Démocrates n’ont d’autres choix que de se remettre en question et de s’organiser dans l’unité la plus large pour porter une autre espérance que celle des passions tristes et souvent haineuses.

Ceux qui vivent en France, et parmi eux les travailleurs, méritent mieux pour eux-mêmes que ces sombres projets portés par de sombres personnes.
Et même si la base électorale des nationaux-populistes est solide et s’élargit y compris chez les salariés et les agents publics, la responsabilité de l’UNSA avec tout le syndicalisme en France comme avec la Confédération Européenne des Syndicats, est de rappeler sans relâche que nos valeurs ne sont pas compatibles avec la préférence nationale, la haine et le repli social, économique et démocratique.

Les gouvernements en France comme dans les autres pays européens doivent comprendre que les injustices et les inégalités nourrissent les rejets. Il faut une meilleure répartition des richesses produites, de meilleurs salaires et pensions, une meilleure protection sociale, une meilleure prise en compte des besoins des plus fragiles et des plus défavorisés.
Il faut retrouver le chemin de nouvelles espérances pour garantir de nouveaux droits, conquis sociaux et assurer de nouvelles sécurités : celles liées à la sécurité des biens et des personnes mais aussi celles des sécurités sociales, démocratiques et face à la transition écologique deviennent indispensable.

L’UNSA avec tous ceux qui le veulent, tentera de construire un contre récit d’aspirations positives pour le futur dans le but de résister à la spirale triste, dépressive et haineuse des populistes d’extrême droite.
Ne pas juger les électeurs même quand ils font fausse route par rapport à leurs intérêts mais rester ferme sur nos valeurs humanistes et sociales et convaincre encore et encore.

Vive le social, vive la démocratie et vive la solidarité entre les femmes et les hommes qui travaillent quels que soient leur origine, leur culture, leur orientation sexuelle, leur genre ou leur condition. Le syndicalisme restera la maison des humanistes pour nous protéger des reculs, des replis et des haines et construire de nouvelles espérances joyeuses.

Paris le 9 juin 2024
Laurent Escure