Tandis que le pouvoir d’achat d’une majorité de la population ne cesse de se dégrader, le gouvernement a rédigé un projet de décret visant à doubler le montant des franchises médicales et des participations forfaitaires restant à la charge des malades et non pris en charge par les complémentaires santé. L’UNSA condamne ce projet, dénonce la stigmatisation des malades et la double peine qui leur est imposée et exprime ses craintes pour les années à venir.

Sur ce dossier, le gouvernement n’aura pas trainé ! Alors que le pouvoir d’achat de la population est durement touché depuis la crise covid, un projet de décret visant à doubler le montant des franchises médicales et des participations forfaitaires restant à la charge des malades a été soumis au vote du Conseil de l’Assurance maladie.

Ce décret prévoit que les participations forfaitaires passent de 1 à 2 euros (consultation, radiologie, etc.) et les franchises médicales (boite de médicaments, transport médical, etc.) de 1 à 8 euros selon la nature des soins !

Non content de faire payer les malades, le gouvernement laisse la possibilité à l’Union nationale des Caisses d’Assurance Maladie (UNCAM) la liberté d’augmenter les participations forfaitaires jusqu’à 3 euros par acte et d’aller au-delà du plafond annuel de 50 euros. Ce dernier pourrait – dans le futur – grimper jusqu’à 75 euros, somme à laquelle s’additionnerait le plafond annuel de 50 euros pour les franchises médicales.

Pour l’UNSA, ce décret est une honte ! Il vise à culpabiliser les malades qui n’ont d’autres choix que de se faire soigner. Pire encore, il punit durement les patients souffrant de maladies chroniques lourdes (cancer, diabète, etc.) ou ceux atteints par une maladie professionnelle ou un accident du travail en leur faisant payer le prix fort.
Le Président de la République et son gouvernement, incapables de redresser les comptes de la Sécu, bafouent un principe fondamental de la Sécurité sociale en vertu duquel « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ».

En outre, l’UNSA s’étonne d’une telle mesure en contradiction totale avec le discours du Premier ministre qui promettait, il y a seulement 2 jours devant l’Assemblée nationale, de ne pas augmenter les impôts et assurant qu’il n’y avait plus rien à taxer !

Avec cette nouvelle attaque dirigée contre le pouvoir d’achat et contre les malades, le gouvernement conforte une médecine à deux vitesses entre ceux qui pourraient payer et ceux qui ne le pourraient pas. Il prend également le risque d’éloigner encore davantage une partie de la population d’un accès rapide à des soins de qualité.

L’UNSA ne peut tolérer une telle attaque contre notre système, conçu pour protéger les plus fragiles. Elle s’est donc opposée en votant contre ce projet de décret lors du Conseil de l’Assurance maladie réuni ce 1er février.