L’indice UNSA du moral des salariés est une étude réalisée du 22 au 28 janvier 2024 par Cluster17 auprès d’un échantillon de 3 199 salariés français en activité, représentatif de la population active française. L’occasion pour l’UNSA de se pencher aussi sur les conditions de travail et de rappeler ses attentes en la matière.

« 76% des salariés considèrent qu’en France, on ne parle pas assez de leurs conditions de travail ». Pour l’UNSA, l’intensification du travail depuis les années 90 traduit en partie ce sentiment.

Ce constat, issu de l’indice UNSA du moral des salariés, se traduit par le fait que 48% des travailleurs interrogés estiment que des baisses de moyens amenuisent leurs capacités à accomplir leur travail correctement. 55% ont déjà remis à plus tard une tâche qui leur incombait et 30% ont pour leur part envisagé ne pas se rendre au travail du fait de leur démotivation.

Mais au-delà de l’intensification du travail, les travailleurs et les travailleuses sont nombreux à s’interroger sur leur niveau de rémunération, l’avenir de leur métier ou encore leur perspective de carrière.

Quand 40% des interrogés déclarent se sentir fatigués, 46% « dénoncent » en parallèle les inégalités salariales. Ces inégalités ont indéniablement un impact sur le moral des travailleurs.

S’agissant toujours des conditions de travail, le niveau de satisfaction « des conditions matérielles » dans lesquels les travailleurs œuvrent au quotidien n’arrive qu’en 6ème position, très loin derrière les relations avec leurs collègues ou encore le temps de travail.
L’enquête révèle aussi que ces questions de conditions de travail sont beaucoup moins abordées dans l’environnement professionnel (hormis peut-être auprès des managers) que dans la sphère privée.

Pour l’UNSA, ces chiffres doivent collectivement nous interroger. Ils confortent notre revendication d’inscrire comme 10ème principe de prévention (à la liste des 9 déjà existants dans le Code du travail), « le principe de l’écoute (de ceux qui font le travail) » qui doit permettre de mieux appréhender « le travail réel » et d’améliorer les politiques de prévention sur les lieux de travail.

Pour l’UNSA, ce baromètre atteste qu’il est désormais temps que les entreprises comme les administrations prennent conscience des efforts à déployer pour améliorer la qualité de vie et les conditions de travail.

Il est primordial que l’Etat fasse appliquer la loi en renforçant les contrôles afin que chaque entreprise et administration soit dotée d’un document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et du plan d’action qui l’accompagne. A défaut, les autorités doivent dorénavant sanctionner ceux qui ne sont pas en conformité avec cette obligation légale pourtant vieille de 20 ans !

Enfin, l’UNSA demande la mise en place d’une commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) dans toutes les administrations disposant de comité social et dans toutes les entreprises dotées d’un conseil social et économique (CSE). Ces commissions doivent disposer de davantage de moyens et de prérogatives.
Il en va de la santé de celles et ceux qui font le travail !