La 28e Conférence des Parties sur le climat des Nations Unies (COP 28) s’est terminée la semaine dernière à Dubaï, après 15 jours de discussions intenses. La mention d’une sortie progressive des énergies fossiles dans le texte final est un symbole important, mais le manque d’objectifs communs et de moyens financiers laissent peu de doutes sur les difficultés à maintenir une trajectoire permettant de rester sous les 1,5 degrés.
Par ailleurs, les syndicats saluent les échanges concernant le programme de travail pour une transition juste et la reconnaissance des droits des travailleurs, mais regrettent l’absence de mention du rôle essentiel des travailleurs et des syndicats dans le document final.

Présidée par Sultan Ahmed Al Jaber, dirigeant de la plus grande compagnie pétrolière et gazière émiratie, l’ADNOC, cette COP très attendue devait établir le premier bilan mondial des engagements pris par les États à Paris en 2015 lors de la COP21.
Pour les organisations syndicales, elles aussi parties prenantes, les enjeux autour du programme de travail pour une transition juste étaient importants : il ne sera en effet pas possible d’assurer la transition sans ou contre les travailleurs.euses.

Cette conférence intervenait après la publication, ces derniers mois, de nombreux rapports, études ou analyses montrant une fois de plus que les voyants scientifiques sont au rouge. La crise climatique s’aggrave, avec en 2023 des records de chaleurs et des évènements extrêmes dans plusieurs régions du monde, les mégafeux au Canada, les inondations en Europe et les températures extrêmes ressenties en Asie du Sud-Est.
La trajectoire des émissions de GES augmente. Il devient de plus en plus urgent de limiter le réchauffement à +1,5°C.
D’ailleurs, le seuil symbolique de +2°C de hausse des températures par rapport aux niveaux préindustriels (moyenne 1850-1900) a pour la première fois été franchi le 17 novembre 2023, selon Copernicus, le programme d’observation de la Terre de l’Union européenne.

Après un début de COP encourageant avec l’adoption d’un fonds dédié aux pertes et dommages, les discussions finales n’ont pas permis de trouver un accord clair sur la sortie des énergies fossiles. Figure seulement une mention de transition progressive, sans objectifs communs.
Seule la question des énergies renouvelables a permis de relever les ambitions :

triplement de la production des énergies renouvelables d’ici 2030, doublement de l’efficacité énergétique, reconnaissance de la baisse rapide des coûts des énergies renouvelables.

Pour les organisations syndicales présentes au sein d’une délégation dédiée, le bilan reste mitigé du fait d’un manque d’engagements clairs.
La demande d’une transition juste loin des combustibles fossiles est entendue, mais le texte comporte encore de nombreuses mentions trop vagues pour engager l’ensemble des parties. Pour la première fois dans le processus d’une COP, le programme de travail pour une transition juste a établi la reconnaissance des droits du travail et la protection sociale a été incluse dans l’adaptation. Il s’agit là de véritables avancées pour les travailleurs.euses du monde entier.
Néanmoins, bien que la transition vers l’abandon des combustibles fossiles soit à saluer, l’omission délibérée des travailleurs et des syndicats dans le texte du bilan mondial sape la transition juste pour laquelle l’ensemble des organisations syndicales se battent aujourd’hui. Sans la participation active de tou.te.s les travailleurs.euses, la transition ne fonctionnera pas.