Lors du Comité consultatif de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI), qui s’est tenu le 23 avril dernier et dont l’UNSA est membre, une présentation de la nouvelle étude INSEE Formation tout au long de la vie *(FLV) a permis d’avoir une photographie sur les difficultés rencontrées dans les domaines fondamentaux de l’écrit.

Le taux d’illettrisme est passé de 7% en 2011 à 4% en 2022 ce qui représente 1.400 000 personnes.
Ces résultats positifs sont à mettre au crédit des actions de l’ANLCI et de ses multiples partenaires. Pour autant, il convient de ne pas relâcher les efforts fournis depuis ces dernières années et de poursuivre un travail d’analyse plus fin.

L’observatoire de l’illettrisme et de l’illectronisme mis en place en septembre 2023 a pour missions notamment de centraliser les chiffres et les études sur ces sujets, de mettre en lumière les données récentes et de réaliser les travaux statistiques afin de mieux caractériser les situations territoriales.

Des difficultés qui se combinent avec d’autres d’obstacles

Avec un environnement de plus en plus numérisé, les personnes se retrouvent encore trop souvent désemparées pour accomplir de simples démarches administratives. Le phénomène s’accroît d’autant plus pour celles rencontrant des problèmes à l’écrit et en numératie. Près des deux tiers des personnes qui sont en difficultés à l’écrit le sont aussi en calcul. S’agissant du recours à internet, l’enquête montre que ces personnes entreprennent moins de démarches administratives en autonomie que le reste de la population (61% contre 85%).

Ces transformations numériques dans la vie quotidienne, le travail mais aussi sur les possibilités d’envisager des reconversions professionnelles accentuent les vulnérabilités et fragilisent encore plus les individus.

Face à ces nouveaux bouleversements et mutations rapides, il y a une urgence à consolider les actions réalisées par l’ANLCI, à agir sur tous les territoires que ce soit dans les DOM où les écarts sont encore trop importants avec la métropole (le taux d’illettrisme est trois fois supérieur) mais aussi dans les territoires en difficultés économiques. Dans les quartiers politique de la ville (QPV), une personne sur trois est en difficulté avec l’écrit contre 8% résidant hors QPV.

Continuer sur cette dynamique

Les bons résultats produits nécessitent de renforcer les efforts notamment auprès des personnes non couvertes par l’enquête FLV (gens du voyages, personnes détenues…) afin de mettre en place des mesures pour mieux les sécuriser.

Pour l’UNSA, la lutte contre l’illettrisme et l’illectronisme s’inscrit dans un temps long et requiert par conséquent de renouveler les moyens en investissant massivement dans l’acquisition des compétences de base avec la mobilisation du plan d’investissement dans les compétences. Si nous constatons que beaucoup a été fait, la question du repérage dans le monde du travail et la formation des encadrants de proximité sur cette thématique doit être aussi au cœur des enjeux de formation. Les entreprises, les branches et plus globalement les partenaires sociaux doivent se saisir de ce sujet dans le cadre du dialogue social.

Les temps forts de l’ANLCI à l’agenda :

Campagne de recueil de contribution

https://www.anlci.gouv.fr/participez-a-la-campagne-nationale-de-recueil-de-contributions/

6 septembre 2024 : Publication des nouveaux indicateurs par l’Observatoire de l’illettrisme et de l’illectronisme

8-15 septembre 2024 : 11 -ème édition des journées nationales d’action contre l’illettrisme (JNAI)

17 octobre 2024 : Grand forum à la cité internationale de la Langue Française

*L’enquête FLV a été réalisée de septembre 2022 à mars 2023. Elle a identifié des résultats nationaux, en métropole et sur chaque territoire d’outre-mer. Cette enquête est la réédition des enquêtes sur la formation des adultes (AES, Adult Education Survey) auxquelles est adossée un module sur les compétences issu des précédentes enquêtes IVQ (Information et Vie quotidienne)

https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/serie/s2088