Des négociations sur le travail se déroulent actuellement entre les organisations patronales et syndicales. Pour l’UNSA, la notion de travail doit y trouver toute sa place pour que le futur accord réponde aux attentes des travailleurs.

C’était une promesse du gouvernement Borne. Après la réforme des retraites, les partenaires sociaux pourront négocier des mesures visant à « bâtir le nouveau pacte de la vie au travail ».
Et si l’UNSA a toujours affirmé qu’il aurait été plus opportun de parler du travail avant de réformer notre système de retraite, elle redit aujourd’hui son attachement à une négociation sur le travail au sens large et pas seulement sur les emplois.

Pour notre organisation, il faut traiter les maux du travail avant de parler d’emplois. Par exemple, dans les secteurs qui peinent à recruter, il faut s’interroger collectivement sur les causes.
Dans certains de ces secteurs (hôtellerie/restauration, BTP, aide à la personne, nettoyage, etc.), c’est en agissant sur la qualité du travail et la prévention des risques professionnels, sur l’organisation et le sens même du travail que des entreprises ont pu remédier à leurs difficultés, au moins partiellement.

L’UNSA réclame que les négociations en cours retiennent l’inscription d’un 10ème principe de prévention dans le Code du travail : « l’écoute des travailleurs ».

Cette proposition est d’autant plus fondée que les négociations actuelles s’articulent autour des thèmes tels que :
• l’emploi des seniors,
• l’usure professionnelle,
• les reconversions,
• les parcours professionnels,
• ou encore le compte épargne temps universel.

S’agissant de l’emploi des séniors, comment peut-on parler d’emplois avant même de gérer efficacement l’allongement de la durée du travail de 2 ans ?
Les études démontrent en effet que le vieillissement de la population génère de plus en plus de maladies chroniques.
Les travailleurs expérimentés n’y échappent pas.
Ils sont également davantage fatigués par le travail.
Ce constat est amplifié pour celles et ceux qui occupent ou ont exercé des métiers pénibles.
Pour l’UNSA, avant de parler d’emplois, il faut instaurer des aménagements de fin de carrière (sortie des emplois pénibles, tutorat, droit à la retraite progressive opposable, retour des critères de pénibilités supprimés en 2017, etc.).

Parler de travail avant de parler d’emplois, c’est d’abord négocier la capacité des entreprises à anticiper les transitions en cours et à venir (climatiques, technologiques, etc.).

Pour l’UNSA, cela implique des garanties comme l’accès à l’information pour les représentants du personnel via la base de données économique, sociale et environnementale (BDESE) ou encore la co-construction du document unique des risques professionnels (DUERP) et des plans d’actions y afférents pour garantir le maintien dans l’emploi dans la durée et dans de bonnes conditions.