La parentalité mérite d’être abordée plus sérieusement.

Pensant apporter une réponse aux émeutes de cet été, la ministre des Solidarités a présenté un plan censé restaurer l’autorité parentale. Avec des annonces floues, ce nouveau plan ressemble à une énième opération de communication du gouvernement.

C’est ainsi par voie de presse que l’UNSA a découvert la proposition de sanctionner les « parents défaillants » par des amendes ou des travaux d’intérêt général, en particulier les pères absents.

Si le débat sur l’égalité des responsabilités entre les pères et les mères dans la société doit être posé, une proposition de cette nature soulève de nombreuses interrogations quant à la définition du « parent défaillant », à la faisabilité de telles sanctions, et à leur utilité.
Le code pénal permet déjà de sanctionner les parents qui ne respecteraient pas leurs obligations légales mais dans les faits ces dispositions ne sont que très peu appliquées car jugés peu pertinentes par les magistrats.

Par ailleurs, les mineurs commettant des délits peuvent être considérés comme se mettant en danger au sens du code de l’action sociale et des familles, ils devraient donc relever de la protection de l’enfance…

Cependant, faute de moyens suffisants, ce secteur est souvent dans l’incapacité d’agir.

Une « commission scientifique » sur la parentalité a été mise en place ce lundi 11 décembre par la ministre mais plusieurs de ses membres ont démissionné dès la première réunion, alimentant les doutes sur la rigueur des réunions.

Pour l’UNSA la priorité doit être de soutenir les familles rencontrant des difficultés et offrir à l’ensemble des jeunes de ce pays des perspectives d’avenir.

Les causes des difficultés sont pourtant connues et documentées, les plans pour les résorber aussi.

L’investissement dans les quartiers dits prioritaires doit être nettement plus soutenu afin d’offrir un cadre de vie épanouissant, des services publics à la hauteur, notamment des équipes de prévention spécialisée, et des débouchées professionnels.

Enfin, il serait utile d’investir davantage dans les politiques de soutien à la parentalité et de mieux les organiser.

L’UNSA salue les moyens supplémentaires dédiés à cela dans la convention d’objectifs et de gestion de la CNAF mais pour agir plus efficacement, un travail approfondi doit être conduit afin d’éviter la dispersion des dispositifs et actions menées par les différents acteurs (CAF, départements, communes…) dans ce domaine.

Les questions de parentalité et d’avenir des jeunes, questions qui, l’UNSA le rappelle, existe dans l’ensemble de la société et ne sont pas apparues à la faveur des évènements de l’été dernier, nécessitent une approche à long terme, un travail sérieux, et méritent mieux que des annonces démagogiques de circonstances.